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En expatriation, je n’aurais pas réussi mon projet professionnel si… Par Hélène Despas

Notre rendez-vous est programmé depuis longtemps et je retrouve Hélène par WhatsApp, où je vois une belle photo d’elle, prise à Moscou, souriante et heureuse, entourée de ses deux filles. Petit clin d’œil de nos années passées ensemble en Russie. Française, Hélène a été expatriée à Jakarta (de 2010 à 2013) et à Moscou (de 2016 à 2019). 

Hélène est kinésithérapeute spécialisée en neuro-pédiatrie. Son métier la passionne et ce que je trouve énergisant dans son parcours est sa capacité à rebondir, essayer, apprendre et suivre son cap. Durant ses années d’expatriation, son objectif a été de pratiquer pour garder la main et construire ainsi son employabilité pour son retour en France. 

Avec tous les détails en tête, Hélène me livre sans réserve ses succès, ses difficultés et comment elle a su garder un cap professionnel lors de ses deux expatriations. Deux façons très différentes de les vivre, d’une richesse folle professionnellement chacune à leur manière. 

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Quel tabou as-tu dépassé pour construire ton projet pro en expatriation ? 

Avant de partir, j’avais peur de commencer quelque chose et de sortir de ma zone d’expertise. L’expatriation m’a permis de reprendre confiance en moi et je me suis dit : « je n’ai rien à perdre, ici je ne connais personne, FONCE ». J’ai aussi la chance d’avoir un mari qui m’a laissé faire mes propres choix. Femme au foyer ou femme au travail ? Cela lui était égal, du moment que je l’avais choisi et que j’étais bien. 

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Qu’est ce qui a été déterminant dans la réussite de tes projets ? 

Me fondre dans la culture du pays dès le démarrage de mon expatriation. Dans un premier temps, j’ai suivi des cours de langue, puis j’ai pris des cours de cuisine à Jakarta (pratique pour faire les courses quand on ne connait pas la moitié des produits) et à Moscou (pelmeni, pirochki et medovik …). J’ai suivi des cours d’art local (batik en Indonésie, peinture sur porcelaine, sur soie et autres supports à Moscou…). J’ai toujours fait de supers rencontres qui m’ont menée d’un chemin à l’autre. Un contact en amène un autre et c’est ce qui s’est passé pour trouver des opportunités professionnelles. 

Rebondir spontanément sur les opportunités : par le réseau de Moscou Accueil, j’ai eu l’opportunité de contacter une association qui s’occupe d’enfants autistes. Je me suis tout de suite portée volontaire. Ça n’était pas simple, mais ça m’a prouvé que j’étais capable de faire les choses. Ça m’a davantage motivée pour la suite. J’ai répondu à une annonce pour travailler dans un jardin d’enfant franco-russe. J’y ai donné des cours de gym et monté un groupe maman-bébé en français. J’ai également monté des cours de préparation à l’accouchement avec une amie sophrologue. Se mettre en action et faire ont été pour moi un moteur de développement professionnel. 

Fixer ma vision. Définir où je veux aller professionnellement. Quand nous sommes partis pour Moscou, je venais de finir une formation. Mon objectif était alors de mettre cette nouvelle formation en application là-bas. Je savais ce que je voulais professionnellement. J’ai donc sans m’en rendre compte posé la base de mes réussites professionnelles juste en sachant ce que je voulais. 

Me poser : prendre un temps de recul sur moi-même avant de me remettre en activité. Et tout va progressivement jusqu’à ce que l’on trouve son rythme. 

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Quels hasards t’ont aiguillée dans ton parcours ? 

Ma vie professionnelle en expatriation n’est qu’une suite de hasards. Quand mon mari m’a proposé de partir en Indonésie, j’étais enceinte sans le savoir. Je ne suis pas sûre que j’aurais dit oui si j’avais su que j’attendais un enfant. Finalement toutes les rencontres en expatriation m’ont apporté des projets. Et quand je suis rentrée en France, un ancien collègue m’a annoncé qu’il partait et que son poste était ouvert. Hasard ou bonne étoile? 

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Quelles difficultés as-tu rencontrées ?

La maitrise de la langue. A ma décharge, le russe et l’indonésien ne sont pas des langues très simples à apprendre. Je me suis quand même retrouvée à travailler avec des russes et à communiquer en russe-anglais-français et ça passe… 

Une autre difficulté a été la non reconnaissance de mes diplômes, des problèmes d’équivalence et le fait que je ne pouvais pas « officiellement » travailler avec mon visa. 

La confrontation à la culture russe m’a secouée. Dure, directe, souvent intrusive. Je ne savais jamais vraiment si mon travail était apprécié. Après un temps, j’ai intégré cette façon de communiquer, j’ai osé dire et répondre en miroir. Cela a développé mon assertivité et c’est aujourd’hui une vraie force dans mon travail. 

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Comment les as-tu surmontées ? 

M’ouvrir sans préjugé ou sans attendre de l’autre en retour. C’est dans ce partage de culture que j’ai découvert d’autres manières de faire qui m’ont ouvert des opportunités. J’ai un bout de moi à Jakarta et un bout de moi à Moscou. 

Continuer à me développer professionnellement mais autrement. A Jakarta, j’ai accouché de mes deux filles. C’était le bon moment pour moi de faire une pause. Comme je travaille avec des enfants en grande difficulté, cela m’a permis de prendre de l’écart et de ne pas projeter les possibles complications des grossesses sur les miennes. En devenant maman, j’ai suivi l’évolution motrice de mes filles. J’ai été particulièrement attentive, je filmais chaque étape de leur développement, je m’émerveillais de les voir grandir avec mon œil de maman et mon œil de thérapeute. Quand j’ai repris le travail, j’avais en tête de manière minutieuse tout le parcours de développement « normal » d’un enfant. Cette pause psychologique et cette mise en application pratique avec mes enfants ont été un booster pour reprendre mon activité et je me suis sentie plus forte. A Moscou, je me suis fixée de nouveaux objectifs professionnels en me formant en rééducation post-partum. J’ai acheté beaucoup de livres et étudié. 

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En quoi avoir construit une activité en expatriation est aujourd’hui un moteur pour ton travail ? 

J’ai acquis de nouvelles connaissances, suivi des formations, testé la vie d’indépendante, animé une formation sur le stress dans le cadre du Work in the City (un réseau pour femmes francophones à Moscou). Autant d’expériences qui m’ont permis de prouver ma valeur ajoutée lorsque j’ai postulé à un poste à mon retour en France. J’ai été prise sans délai et j’ai pris mon nouveau poste un mois après notre retour. 

Construire et vivre mes projets professionnels en expatriation m’ont fait réaliser que je suis plus solide que je ne le pensais : mener un projet à terme, reprendre des études, gérer des groupes… L’expatriation m’a donné confiance en mes capacités. 

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Et si c’était à refaire ? 

Je ne regrette rien et je suis toujours plus gourmande de découvertes. A tel point que je me prépare déjà en cas de prochain départ en entamant une formation de kinésithérapie pour adultes. Et j’espère que notre prochaine destination me permettra de pratiquer dans la langue du pays…. Ce sera encore un nouveau challenge. Affaire à suivre. 

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Si vous avez besoin de motivation, de structure ou de soutien pour trouver un nouvel élan professionnel, vous pouvez:
– participer tous les lundis aux ateliers Q&A : « le lundi, je muscle ma vie pro »- Tous les ateliers que j’anime sont gratuits pendant le confinement.
– trouver plus d’inspiration dans les témoignages de Julia et Stéphanie, femmes expatriées comme vous et qui insufflent le vent des possibles.
prendre RDV avec moi pour faire le bilan de votre situation et retrouver un élan professionnel
– me poser toutes vos questions par écrit helene@expatbyyou.com

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Après une « première vie » managériale de 18 ans en multinationale, je me consacre depuis 5 ans à ma deuxième vie professionnelle. Diplômée en PNL et coaching, j’accompagne les femmes expatriées à retrouver leur élan professionnel en développement un projet/une activité à la hauteur de leur envie et ambition. A la clé ? sens et satisfaction. Je pratique en ligne et à distance pour vous accompagner partout dans le monde.
Mieux me connaitre.

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